Pour une école fière et attractive

Le constat est sans appel : l’école n’attire plus et ne fait plus rêver. Il est en effet loin le temps où Albert Camus remerciait M. Germain, son instituteur, à l’occasion de la réception du prix Nobel. Aujourd’hui l’autorité du professeur n’en finit plus d’être remise en question. Les valeurs républicaines de l’effort et du respect des règles ne résistent plus à la logique de la facilité et de l’immédiateté.

À ces maux, les différents échelons administratifs répondent le plus souvent par une gestion strictement comptable, là où il faudrait prendre en compte les individus, leurs efforts et leurs difficultés.  À cela, s’ajoute une accumulation de missions, parfois peu pertinentes, et qui souvent nous éloignent de l’acte d’enseigner. Débordé par des obligations administratives, pressé d’adapter sa pédagogie aux dernières lubies de pédagogues auto-proclamés, mais le plus souvent sans élèvespeu considéré par une société qui paraît ne plus vanter que l’argent et le divertissement, le professeur peut avoir l’impression d’être le déclassé du XXIe siècle.Il ne tient qu’à nous de relever la tête et d’exercer avec fierté notre mission, même si celle-ci est souvent dévalorisée par des médias, des politiques ou des acteurs sociaux. Nous faisons bien plus qu’un métier. Nous sommes dépositaires d’une mission qui est l’ouverture de nos jeunes au monde, au savoir et à l’imaginaire. Il ne peut s’agir que d’une action collective de longue haleine ; c’est la raison d’être de Tableau XXI. À nous de penser l’école et l’éducation  en rendant aux enseignants la fierté qu’ils méritent. Ce renouveau que nous appelons de nos vœux doit contribuer à changer le regard que la société porte sur notre mission. Comment avoir envie de faire une métier dont l’image véhiculée oscille entreautoritarisme anachronique et indiscipline chronique ? Il faut également que chacun assume ses responsabilités : les parents éduquent, les professeurs enseignent. La classe doit redevenirun espace où l’on vient pour apprendre et expérimenter, et non un lieu de dressage et d’apprentissage des règles essentielles de vie en collectivité. Mais que serait cette démarche sans aborder la question de la revalorisation et des conditions d’exercices ? Nous ne pouvons plus nous contenter d’une posture passive, consistant en l’attente d’un miracle politique, qui de toute façon serait critiquée par la majorité des syndicats. C’est à nous de nous emparer de cette question est de faire des propositions innovantes. Nous appelons ainsi à prendre en compte la pénibilité que représente la gestion d’une classe lorsque l’âge avance. Pour cela, s’impose un réaménagement du temps d’enseignement en fin de carrière qui pourrait permettre aux enseignants séniors de diversifier leurs missions pour, par exemple, faire profiter de jeunes professeurs de leur expérience.Il convient également que l’administration valorise davantage les efforts et l’investissement dont font preuve nombre d’enseignants qui éprouvent trop vite l’impression d’inutilité et de non effectivité de leur travail aux yeux de la hiérarchie. Il est temps que la société dans son ensemble cesse de percevoir les professeurs comme de grands enfants sans cesse en vacances et déconnectés de la réalité, mais les considère à nouveau comme les maîtres d’un savoir et les éveilleurs d’esprit dont notre temps a plus que jamais besoin.

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