Le collège pour tous

Le collège doit rester unique en tant que lieu de savoirs et d’apprentissages mais doit se diversifier dans ses filières et ses parcours. Cela implique de repenser la structure du collège  en l’organisant sur un modèle de tronc commun, complété par des parcours personnalisés. Cette réorganisation des enseignements doit également s’accompagner d’une simplification du collège.

En 2017, 15% des enfants entrant en Sixième ont une maîtrise fragile ou insuffisante du français et 27 % pour les mathématiques (source DEPP).

Offrir un collège qui convienne à tous

Le collège doit pouvoir répondre non seulement aux besoins des élèves en situation d’échec mais également aux attentes des élèves en situation de réussite. Les différentes réformes et les différents dispositifs mis en œuvre depuis le début des années 2000 ne parviennent pas à réduire les inégalités entre les élèves, à satisfaire les attentes des familles, à remédier aux difficultés des élèves ou à permettre leur épanouissement. Cela implique donc :

  • de supprimer les cycles et plus particulièrement le cycle 3 qui n’a jamais montré une quelconque efficacité
  • de s‘interroger sur la pertinence des disciplines enseignées actuellement et sur leur volume horaire
  • que la nation l’Etat  définisse clairement le rôle attribué au collège et ses objectifs
  • de supprimer tous les dispositifs actuels de type parcours ou « éducation à … » qui parasite les missions enseignantes et ne font qu’alourdir le travail administratif des équipes.

Il faut repenser la formation au collège en trois blocs : la scolarité obligatoire (18h hebdomadaire), la scolarité diversifiée (6h hebdomadaire) et l’accompagnement des élèves (4 h hebdomadaire).

  • La scolarité obligatoire : 18 h hebdomadaires d’apprentissage des fondamentaux soit 2/3 du temps scolaire, parce que tout autre choix reviendrait à construire sur du sable. Tant que l’on ne maîtrise pas des bases solides, on ne fera que creuser les inégalités.
    • Possibilité de former des groupes de niveaux de maîtrise des compétences qui permettent aux meilleurs de ne pas s’ennuyer et aux plus faibles de ne pas décrocher : parce que l’hétérogénéité des classes est devenue ingérable pour les professeurs. En effet, les élèves en décrochages ne peuvent que souffrir de se voir en décalage face aux élèves qui suivent, et ces derniers souffrent trop souvent de leurs perturbations qui font que trop d’heures d’enseignement se voient remplacées par des heures de discipline.
    • La scolarité obligatoire (2/3 du temps scolaire) s’impose à tous de la 6ème à la 3ème. Elle est structurée en 3 grands pôles d’enseignement : 6 h pour le français, 6 h pour les sciences (mathématiques/sciences) et 6 h pour les humanités (histoire-géographie et langue vivante 1)
  • La scolarité diversifiée : 6h hebdomadaires à fixer librement dans chaque établissement et pour chaque élève : parce que les élèves sont divers et que les enseignements doivent être adaptés à leurs besoins et à leurs talents.
    • Faire des arts plastiques, de la musique, de l’EPS et de la technologie des matières optionnelles. Parmi ces 4 matières, l’élève pourrait être obligé d’en choisir deux, après un temps de découverte en début d’année scolaire. Cela permettrait d’accroitre leur investissement dans ces disciplines qui seraient choisies et non plus subies. L’élève pourrait chaque année changer de matière optionnelle. 
    • Ces heures servent soit à offrir du soutien scolaire à certains élèves, soit des approfondissements soit des parcours d’orientation avec découverte des métiers.
    • Ces heures permettent donc de mettre en place des formations adaptées à différents profils d’élèves qui restent scolarisés dans le même établissement.
    • C’est donc la fin du collège unique sans pour autant créer de ségrégations sociales nouvelles.
  • Accompagnement des élèves (études dirigées, soutien) (4h hebdomadaires), pour les élèves qui le souhaitent ou qui en ont besoin. L’objectif est que chaque élève rentre chez lui devoirs faits : parce que les inégalités commencent à la maison et qu’il n’est pas normal que tant de parents se transforment chaque soir en coach et qu’un enfant sur deux suive des cours particuliers.
  • Il reviendra à l’équipe enseignante de déterminer les élèves concernés. 
  • Des heures de « civisme » pourraient être aussi proposées aux élèves perturbateurs afin de les sensibiliser de manière plus efficace et personnalisée au vivre-ensemble. 

Au total, la somme des heures de scolarité diversifiée et l’accompagnement des élèves représente 1/3 du temps scolaire laissé à l’initiative des établissements.

Ces parcours doivent être élaborés dans le cadre du projet d’établissement et donc votés en Conseil d’administration.

Photo by Ben Mullins on Unsplash
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